Interview de Sire Cédric, Salon Fantasy en Beaujolais 14/15 novembre 2015

Publié le par Salon Fantasy En Beaujolais

Interview de Sire Cédric, Salon Fantasy en Beaujolais

14/15 novembre 2015

1)Ton dernier livre contient plus de psychologie, plus de suspense, pourquoi avoir opté pour ce changement ?

Non, je n’ai pas vraiment changé de style. J’ai changé de maison d’édition, je suis fier d’être publié à présent dans la collection « sang d’encre » des Presses de la Cité, je suis le premier auteur français à être publié dans cette collection. L’univers reste le même, j’écris le livre que j’aimerais lire. On retrouve le même mélange gore/angoisse/fantastique/aventure/mystère, dans la lignée du livre et du film psychose. Ca collait avec la collection « sang d’encre », on y retrouve mon ADN, mais c’est vrai que je souhaitais que mes personnages soient plus réalistes, je voulais un livre plus réaliste. Selon moi, c’est mon meilleur livre à ce jour.

2)On ne retrouve plus tes deux personnages fétiches, les as-tu abandonnés définitivement ou va-t-on les retrouver prochainement ?

Eva et Alexandre ont encore des aventures à vivre. Mais je n’avais pas envie de m’enfermer dans une série ou dans des personnages (que j’aime), j’ai envie d’être capable de surprendre mes lecteurs. Ma promesse est que le lecteur ne saura jamais à quoi s’attendre avec moi cependant il retrouvera ce qu’il aime. De plus, faire un ou deux livres plus réalistes me permettra de revenir vers le fantastique avec de nouvelles idées.

3)Il y a beaucoup moins d’action mais tu parviens à conserver le suspense, cette nouvelle approche surprend tes fans, est-ce un désir de te renouveler ?

Justement, je n’ai jamais fait deux fois le même livre et cette fois j’avais envie d’inventer une histoire qui ne repose pas uniquement sur l’action (comme la mort en tête). Je voulais un livre avec un rythme plus lent mais où paradoxalement le stress est encore plus important ; où le lecteur ressent un sentiment d’urgence permanent. A cela, j’ai ajouté de nombreux coups de théâtre car il est important pour moi que le lecteur ne sache pas où je veux le mener.

4)As-tu prévu un cross-over de tes personnages comme le suggèrent tes fans ?

Question très judicieuse puisque tous mes romans et mes nouvelles se déroulent dans le même univers. Tous mes personnages se sont déjà croisés. Dans Avec tes yeux, les évènements ont lieu dans les Yvelines et impliquent la gendarmerie. Les aventures d’Alex et Eva se déroulaient jusqu’à présent entre Paris et Toulouse et étaient perçues depuis le point de vue des forces de police. Les personnages pourraient se croiser…c’est une idée que je n’exclue pas. L’écriture est pour moi ludique, et il est agréable de jouer avec les possibilités des personnages qu’on a inventés.

5)Tu es plutôt beau gosse, crois-tu important de prendre soin de ton apparence, de soigner ton look pour conserver charisme et mystère ?

Ah bon ? Sourire mi-gêné/mi-flatté de notre auteur. Je ne me pose pas la question en ces termes là. Je pense qu’il faut surtout être soi-même dans la vie, et étant fan de heavy metal depuis mon adolescence, j’ai forcément un look connoté « métal ». Je ne soigne pas mon look plus que ça, il correspond à l’image que je me fais de moi et dans laquelle je trouve le plus d’équilibre.

6)T’imagines-tu dans un rôle en particulier lorsque tu écris ?

Oui et non…bien sûr car 100% des personnages sortent de ma tête. Quand j’écris je suis alternativement un gentil puis un méchant. Chacun est une minuscule facette de qui je suis ou de qui je pourrais être. Mais une fois que le processus de création est effectué, le livre existe en dehors de moi. Il est important de faire la distinction entre la fiction et la réalité. Le livre ne m’appartient plus, l’histoire va exister dans l’esprit de chaque lecteur de manière différente en fonction de son propre vécu et tout ce qui existera sera cette histoire là, vécue par chaque lecteur.

7)J’ai noté chez toi un désir d’humilité, tu sembles souhaiter que ton public te voie simple et accessible ?

L’humilité est la moindre des choses, j’ai une chance monumentale ! Je suis payé pour vivre comme un ado, à passer mes journées à écrire des histoires. Je vis mon rêve, je n’ai pas le droit de me plaindre. Quand j’invente des histoires, je veux apporter du plaisir au lecteur et je travaille très dur pour lui faire passer un bon moment. Si ça marche, je suis aux anges.

8)Est-ce important pour toi ces rencontres avec le public ? Tu en ressors comment la plupart du temps ?

Rencontrer des lecteurs, ça n’a pas de prix, ce sont eux qui font que je suis auteur aujourd’hui. C’est moi qui suis reconnaissant. Les rencontrer rend les choses réelles, ça me garde les pieds sur terre !

9)Tu nous avais fait l’honneur d’être notre invité vedette il y a deux ans (2013), tu reviens cette année (2015), qu’est ce qui te plait dans ce salon ?

Quand l’accueil est sympa, pas de raison de ne pas revenir, même si je ne suis plus du tout considéré comme un auteur imaginaire pur, mes lecteurs étant des fans de polars. Je trouve important de participer à des salons où les gens se bougent pour promouvoir la lecture. Le monde irait mieux si on misait sur l’ouverture d’esprit. Je soutiens ce genre de salon.

10)N’est-ce pas trop pesant d’écrire thriller sur thriller, dans le sens, où : ne deviens-tu pas paranoïaque à force d’imaginer tout ce mal ?

C’est un peu le contraire pour moi, comme pour les lecteurs. Dans une histoire de mystères, on voit des gens ordinaires confrontés à des situations dramatiques et insolubles et pourtant ils arrivent à déjouer les problèmes et à affronter leurs peurs les plus profondes et des puissances qui les dépassent. Après avoir écrit une histoire où les personnages affrontent une armée de zombies, on a quand même conscience que la réalité est moins grave. Pour moi les thrillers sont des médicaments.

11)Donne-moi envie de te lire en quelques mots.

Tu as envie d’ouvrir un livre et de ne plus pouvoir le lâcher jusqu’à la dernière ligne.

12)Comment imagine-t-on ces horreurs que tu décris ? Puises-tu ton inspiration dans les faits divers de notre société vérolée ? Dans les séries US ? Dans d’autres livres ?

Je laisse les idées s’associer et se multiplier et ces idées viennent de ce qui m’entoure : les discussions, une info qui m’interpelle, le thème d’une série US, le rythme d’un CD, l’énergie d’un concert, un tableau… tout cela donne naissance à mille idées différentes dans mon imagination, tout se mélange, une alchimie se crée. Derrière tout ça, l’envie d’aborder des thèmes qui me tiennent à cœur : identité, destin, importance des choix dans la vie pour arriver (avec beaucoup de travail) à une histoire cohérente, passionnante, et avec de nombreux niveaux de lecture.

13)N’es-tu pas parfois accablé par toute cette douleur ?

Bien au contraire, car pour moi c’est primordial : les histoires qui font peur et que j’adore sont du divertissement. A aucun moment elles ne sont destinées à choquer ou à mettre mal à l’aise. J’aime le partage de sensations fortes lecteur/auteur avec un sourire en coin. Les seules émotions qui comptent pour moi sont le plaisir, l’enthousiasme, l’euphorie et des litres de sang ! Je veux que le lecteur en ait pour son argent.

14) Avec tes yeux vient de paraître, as-tu déjà une idée du contenu de ton prochain ouvrage ?

J’ai déjà signé pour mon prochain roman chez Presses de la Cité, je débute à peine son écriture, mais à priori ce sera de nouveau un roman très réaliste et plein de surprises.

15)Quelle est la question la plus dérangeante qu’on t’ait posée en interview ?

Dans une intervention en milieu pénitentiaire, un détenu m’a demandé pourquoi dans mes romans les criminels mouraient à la fin au lieu d’être là, comme eux… Je me suis senti très bête en cherchant une réponse parce qu’il avait parfaitement raison. Ca m’aide à m’améliorer, à la fois humainement et en tant qu’inventeur d’histoire. On me pose des questions évidentes que je m’étais pas posées.

16)Peux-tu me donner une anecdote inédite pour rendre cet échange unique ? Quelque chose qu’on ne connait pas encore de toi.

J’adore les cannelés !

Cette question n’a trouvé de réponse(s) que le lendemain car elle méritait réflexion selon Sire Cédric, il ne voulait en effet pas dévoiler d’anecdote trop secrète, pouvant mettre mal à l’aise certains fans, certains collègues auteurs ou pouvant se retourner contre lui ! Je suis donc dans la confidence de nombreuses petites anecdotes mais par respect pour notre auteur, je ne vous en dévoile qu’une !

Merci à Sire Cédric pour son temps, au Château de la Barge pour son accueil dans le salon où j’ai pu mener, dans un joli cadre, une interview bien sympathique !

Marie-Anne Le Gall

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